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Une synergie entre médecine et chirurgie esthétique - novembre 2008

Faut-il opposer chirurgie esthétique et médecine esthétique ? La clinique Élysée Montaigne a réuni des chirurgiens plastiques et un médecin esthétique pour débattre de cette question.

 
Médecine et chirugie esthétiques : débat de spécialistes - © Clinique Élysée Montaigne
Médecine et chirugie esthétiques : débat de spécialistes - © Clinique Élysée Montaigne
Les participants
Patrick BUI QUY MINH -  clinique Élysée MontaignePatrick Bui Quy Minh : chirurgien esthétique, président de la Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens (SOFCEP) en 2005, membre du Collège Français de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique.
Gérard FLAGEUL -  clinique Élysée MontaigneGérard Flageul : chirurgien plasticien, expert auprès de la cour de Cassation, opère à la Clinique Élysée Montaigne.
Laurent HALIMI -  clinique Élysée MontaigneLaurent Halimi : spécialiste en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique, opère à la Clinique Élysée Montaigne
Isabelle SARFATI -  clinique Élysée MontaigneIsabelle Sarfati : chirurgien plasticienne, spécialiste de la reconstruction mammaire et de la chirurgie esthétique, opère à la Clinique Élysée Montaigne.
Pierre SECNAZI -  clinique Élysée MontaignePierre Secnazi : anciennement responsable du centre de Médecine Esthétique de la Clinique Élysée Montaigne, formateur de médecins aux techniques d'injections. Le Docteur Thierry Lafitte succède au Docteur Secnazi à la direction du centre de Médecine Esthétique de la clinique Élysée Montaigne.
Marcel FRYDMAN -  clinique Élysée MontaigneMarcel Frydman : PDG de la Clinique Élysée Montaigne.
Quelle est la différence entre médecine esthétique et chirurgie esthétique ?
Laurent HALIMI - © clinique Élysée MontaigneL. Halimi : Le chirurgien traite l'architecture et le médecin s'attache à la qualité de la peau. Mais s'il en a les compétences, un chirurgien, qui est d'abord un médecin, peut couvrir les deux types d'intervention.
 
Pierre SECNAZI - © clinique Élysée MontaigneP. Secnazi : La dualité entre les deux disciplines ne concerne que le visage. Le corps, c'est la chirurgie.
 
La médecine esthétique et la chirurgie esthétique ne se concurrencent donc pas ?
Patrick BUI QUY MINH - © clinique Élysée MontaigneP. Bui : Pas du tout, Les deux disciplines sont complémentaires. La médecine esthétique est un progrès. Elle est un progrès depuis qu'elle a fait, justement, beaucoup de progrès qui permettent aux soins esthétiques d'être moins pénalisants socialement. La chirurgie esthétique s'avère aujourd'hui beaucoup plus précise et ciblée, car elle est complétée par la médecine esthétique. Par exemple nous faisons des liftings beaucoup plus limités mais tout aussi efficaces. Des liftings limités à une partie du visage et que nous complétons par des injections de toxine botulique à certains endroits et par injection de graisse humaine à d'autres. Il y a quelques années nous aurions fait un lifting plus large. Le résultat est plus naturel car le visage a été traité de façon plus anatomique. Avec cette méthode le patient retravaille 8 ou 10 jours après au lieu de 3 semaines à un mois.
 
Gérard FLAGEUL - © clinique Élysée MontaigneG. Flageul : Tout à fait. La chirurgie esthétique est devenue plus performante, plus brillante, plus simple, plus respectueuse des tissus et moins agressive grâce à la médecine. Plus que de la complémentarité, je trouve une synergie entre les deux disciplines.
 
Laurent HALIMI - © clinique Élysée MontaigneL. Halimi : Grâce au raffinement de ces deux techniques, nous apportons aujourd'hui un soin médico-chirurgical facile à vivre pour le patient. Les progrès de la médecine esthétique nous ont amené à modifier nos gestes chirurgicaux. Par exemple depuis 5 ans, j'ai changé mon approche de la chirurgie du regard en réalisant un geste beaucoup plus doux, notamment au niveau des paupières inférieures où je traite anatomiquement ce qui relève d'une poche graisseuse ou d'un déficit cutané par un peeling plus doux. Nous avons aujourd'hui un raffinement dans le geste et nous ne voyons plus ce que j'appelais le « look chirurgical ». Il faut savoir qu'en France, les patientes veulent avoir un soin, une réinsertion rapide et ne pas avoir un visage apparemment retouché.
 
Isabelle SARFATI - © clinique Élysée MontaigneI. Sarfati : Effectivement nous avons changé notre approche du visage. Mais nous l'avons pu d'une part grâce aux progrès techniques mais aussi grâce au fait que la médecine esthétique a permis de fidéliser la clientèle, qui consulte beaucoup plus. Or, grâce à cela nous pratiquons une médecine préventive et échelonnée dans le temps. Nous corrigeons au fur et à mesure des visages que l'on connaît, nous traitons des patientes dont on connaît mieux les attentes. Nous n'utilisons plus une seule arme et nous travaillons dans le temps.
 
Pierre SECNAZI - © clinique Élysée MontaigneP. Secnazi : Pour moi les deux disciplines constituent la même chose. La seule différence c'est que le chirurgien possède une palette de soins plus large.
 
Gérard FLAGEUL - © clinique Élysée MontaigneG. Flageul : La chirurgie vit des carences de la médecine ! Chaque fois que la médecine avance, la chirurgie recule, et ceci n'est pas vrai qu'en esthétisme. Lorsque j'étais interne, nous opérions beaucoup les ulcères à l'estomac. Aujourd'hui il ne viendrait à l'idée de personne d'opérer de cela ! 15 jours sous antibiotiques suffiraient. En chirurgie esthétique, nous vivons la même chose mais avec un peu de retard. Car jusqu'à l'apparition de la toxine botulique, la médecine esthétique était balbutiante. Alors qu'aujourd'hui, grâce à ce produit très puissant et très brillant, nous ne sommes qu'à l'aube de ce qu'il va apporter. Nous sommes entré dans l'ère ou l'esthétique se médicalise. C'est le signe d'un progrès. Et plus la médecine va avancer, plus la chirurgie va reculer.
 
Pierre SECNAZI - © clinique Élysée MontaigneP. Secnazi : Aujourd'hui les patientes abordent l'esthétique par une voie plus douce.
 
Marcel FRYDMAN - © clinique Élysée MontaigneM. Frydman : Mais la médecine esthétique a cet avantage qu'elle n'induit pas d'anesthésie, ce qui fait peur.
 
Laurent HALIMI - © clinique Élysée MontaigneL. Halimi : Il faut reconnaître que l'anesthésie est mal connue. Pour autant l'anesthésie générale n'est pas obligatoire. Alors qu'il y a aujourd'hui moins de risque à se faire endormir qu'à prendre l'avion !
 
Gérard FLAGEUL - © clinique Élysée MontaigneG. Flageul : Mais la peur est un symptôme. Le patient qui a peur, je lui dis « n'y allez pas ! La chirurgie esthétique ce n'est ni urgent ni obligatoire. » Cependant la médecine esthétique est plus légère mais peut aussi être plus dangereuse ! La médecine est un progrès mais il ne faut pas dire que c'est sans danger.
 
Isabelle SARFATI - © clinique Élysée MontaigneI. Sarfati : Tout à fait. Il existe une vraie confusion entre l'intensité de l'acte et le danger possible.
 
Pierre SECNAZI - © clinique Élysée MontaigneP. Secnazi : Voilà pourquoi je préconise une codification des actes de médecine esthétique et qu'une formation universitaire est nécessaire.
 
Gérard FLAGEUL - © clinique Élysée MontaigneG. Flageul : il faut que les pouvoirs publics s'emparent de la formation en médecine esthétique.
 
Marcel FRYDMAN - © clinique Élysée MontaigneM. Frydman : Il faudrait aussi pouvoir communiquer. Il faut parler pour informer et rassurer, or c'est interdit. Alors que l'école française est la plus reconnue du monde !
 
Quel est l'avenir en matière d'esthétisme ?
Isabelle SARFATI - © clinique Élysée MontaigneI. Sarfati : Je pense que nous n'en sommes encore qu'aux balbutiements.
 
Laurent HALIMI - © clinique Élysée MontaigneL. Halimi : Bientôt nous utiliserons la thérapie génique, les facteurs de croissance.
 
Patrick BUI QUY MINH - © clinique Élysée MontaigneP. Bui : Je pense aussi que nous n'en sommes qu'au commencement. Aujourd'hui c'est de la science-fiction, mais peut-être que dans 30 ans nous ferons régulièrement des greffes de visage !
 
Isabelle SARFATI - © clinique Élysée MontaigneI. Sarfati : Nous sommes outil-dépendants, mais pas idée-dépendants !
 
Laurent HALIMI - © clinique Élysée MontaigneL. Halimi : Déjà aujourd'hui ne plus utiliser de produits non résorbables est un grand progrès. La chirurgie est moins invasive, réversible et stable. C'est fondamental pour une discipline qui traite chirurgicalement l'estime de soi ! Car la chirurgie esthétique soigne le cerveau !
 
Mais alors pourquoi la chirurgie esthétique a t-elle mauvaise presse ?
Pierre SECNAZI - © clinique Élysée MontaigneP. Secnazi : La presse ne s'intéresse qu'aux nouveautés. Or la seule nouveauté en matière de médecine esthétique, c'est qu'il n'y a quasiment plus de nouveautés. Nous bénéficions aujourd'hui d'une palette de soins et de produits suffisants.
 
Patrick BUI QUY MINH - © clinique Élysée MontaigneP. Bui : les médecins sont aussi en partie responsable en allant parfois raconter des choses fausses pour se faire « mousser ». J'en ai vu un dernièrement dire « la toxine botulique, attention », alors qu'il y a eu peut-être une complication sur 100 000...
 
Laurent HALIMI - © clinique Élysée MontaigneL. Halimi : Alors que la toxine botulique constitue une révolution. Le résultat peut prendre un peu de temps à apparaître, mais il y a zéro séquelles. C'est un des traitements les plus sûrs.
 
Gérard FLAGEUL - © clinique Élysée MontaigneG. Flageul : La presse a jeté le discrédit sur la chirurgie esthétique alors que celle-ci rend beaucoup de services au quotidien. Car à mon sens la chirurgie esthétique constitue une véritable conquête, une évolution majeure dans le domaine de la santé et du bonheur au quotidien. Pourtant on constate un divorce entre les bienfaits apportés et l'image que la presse donne de nous en rapportant en boucle les rares échecs de la chirurgie esthétique. Le traitement que l'on nous inflige est injuste et erroné.
 
 
Dernière modification le 17/06/2009
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